21/01/2026

Quand Le Figaro doutait des impressionnistes

200 ans de regard critique

En 2026, Le Figaro célèbre ses 200 ans. Deux siècles d’histoire, de débats, de prises de position, et de regards portés sur le monde, politique, littéraire, artistique. L’exposition présentée ces jours-ci au Grand Palais rappelle combien un journal, même institutionnel, est avant tout le produit de son époque.

 

Au XIXe siècle, Le Figaro ne cachait pas sa réserve face aux impressionnistes. Monet, Renoir, Degas ou Pissarro bousculaient les codes académiques : touche visible, lumière instable, sujets ordinaires. Pour une partie de la presse de l’époque, cette peinture semblait inachevée, presque provocante. Le rejet n’était pas isolé ; il traduisait une résistance générale à l’avant-garde.

 

Cette distance critique n’a rien d’exceptionnel. L’histoire de l’art est jalonnée de ces malentendus initiaux. Ce qui trouble, dérange ou inquiète à un moment donné devient souvent, avec le temps, une évidence patrimoniale. La critique accompagne son siècle, avec ses goûts, ses limites et ses certitudes.

 

Le Figaro a changé de regard. L’impressionnisme est devenu un pilier de l’histoire de l’art, célébré par les musées, les collectionneurs et la presse elle-même. Le Figaro, à travers cette exposition anniversaire, montre aussi cette capacité à relire son propre passé, à reconnaître l’évolution du goût et du jugement.

 

Pour les galeries aujourd’hui, cette histoire résonne avec une évidence particulière. Exposer, c’est parfois défendre ce qui n’est pas encore consensuel. C’est accepter le risque du regard critique, du temps long, de l’incompréhension passagère. Car l’art ne se révèle jamais immédiatement, il s’impose, lentement.

 

A l’occasion des 200 ans du Figaro, cette exposition rappelle une chose essentielle : le regard change, l’art demeure.

 

Comme le dit l’adage « La science rassure, l’art dérange » : en célébrant aujourd’hui ce qu’elle questionnait hier, la presse rappelle une vérité simple ; l’avant-garde ne demande pas la permission et s’impose avec le temps.

 

 

 

 

Mari YVENAT

 

La galerie d'art KerLuxY