Sido

Sculptrice | Réalisme onirique

Chez Sido, la sculpture commence là où les certitudes s’effacent.

Son travail cherche cet instant suspendu où l’être humain retient son souffle, juste avant que tout puisse basculer. Un moment d’intensité extrême, où le temps semble disparaître et où ne subsiste que l’essentiel : un corps, une émotion, une vulnérabilité, une force.

Issue d’un parcours profondément pluridisciplinaire, Sido a traversé le théâtre, le dessin, la peinture, le modèle vivant, l’architecture, la création de costumes et les arts de la scène avant de trouver dans la sculpture le moyen d’expression capable de donner forme aux personnages qui habitaient son imaginaire.

Son regard s’est construit au contact du corps. Comme modèle, elle a posé pour des photographes, des peintres et des sculpteurs. Comme actrice, elle a appris à observer les émotions, les attitudes, les tensions imperceptibles qui transforment un visage ou un geste. Cette expérience du corps vécu nourrit aujourd’hui une sculpture où la précision anatomique n’est jamais une fin en soi : elle devient le langage d’une émotion.

Sido puise également dans l’univers du rêve, de l’art brut, de l’expressionnisme et dans sa réflexion sur la psyché humaine. Sa rencontre avec Alejandro Jodorowsky et sa découverte de la psychomagie ont notamment ouvert un territoire où le réel et le symbolique peuvent se rencontrer.

 

Le Réalisme onirique

C’est de cette confrontation entre réalité et imaginaire que naît ce que Sido nomme le « réalisme onirique ».

Elle brouille volontairement les repères sensoriels. Le réel et l’illusion se retrouvent placés sur un même plan, jusqu’à créer un double : ce que l’on voit est-il chair, rêve, présence ou apparition ?

Ses sculptures donnent ainsi une place centrale au questionnement. Elles attirent d’abord par leur présence physique, puis installent progressivement un autre rapport au regard : un temps de suspension, d’étonnement, parfois de trouble.

Le corps humain y apparaît dans toute son ambivalence. Sido cherche l’équilibre entre une humanité presque sacrée et une animalité plus instinctive, entre la beauté et la chair, la puissance et la vulnérabilité, la vie et sa finitude.

Beaucoup de ses œuvres sont des autoportraits au sens le plus intime du terme. Elles naissent de ses expériences, de ses émotions et de la nécessité de comprendre ce qui constitue l’être humain.

Pour Sido, chaque sculpture est ainsi une tentative de répondre à une question essentielle : qui sommes-nous lorsque tout le reste disparaît ?

 

Du théâtre à la sculpture

Son parcours artistique s’est construit loin d’une trajectoire académique linéaire.

Très tôt, Sido est entourée par la création. Sa marraine, peinture et sculptrice, lui fait découvrir le monde de l’art. Sa mère, couturière et brodeuse, lui transmet quant à elle le goût du geste précis, de la patience et de l’exigence du travail bien fait.

Elle étudie d’abord la publicité et la communication à Paris, puis l’architecture à l’Ecole des Beaux-Arts. Mais c’est finalement la scène qui s’impose. Dans les années 1990, elle devient comédienne et évolue dans les milieux artistiques parisiens.

Parallèlement, elle explore la peinture, le dessin et le modelage. Elle réalise ses premiers travaux, participe à des expositions et reçoit une première commande artistique pour une œuvre murale.

Le théâtre lui permet également de développer une autre facette de sa pratique : la création de personnages. Elle conçoit costumes et maquillages pour les rôles qu’elle interprète et participe à des projets interdisciplinaires mêlant création visuelle, personnage et performance.

Peu à peu, son univers s’élargit vers l’art brut, l’expressionnisme, les arts premiers et l’art-thérapie, tandis que son intérêt pour les mécanismes du rêve et de la psyché devient une composante essentielle de son travail.

 

Le corps comme matière et comme langage

Lorsqu’elle découvre les techniques de fabrication des accessoires et des effets spéciaux hyperréalistes pour le cinéma, Sido trouve les moyens techniques qui lui manquaient pour donner naissance aux volumes et aux créatures de son imaginaire.

Puis vient un cours de modelage.

On lui demande de réaliser le portrait de la personne placée devant elle. Pour Sido, l’évidence est immédiate : son expérience de modèle, de comédienne et d’artiste lui a déjà appris à regarder le corps autrement.

La structure, les lignes de force, la matière : tout devient langage.

Elle choisit alors de se consacrer pleinement à la sculpture.

Depuis ses premières expositions parisiennes, son travail poursuit cette même recherche : saisir dans la matière ce qui, chez l’être humain, ne peut se dire autrement.

 

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